Profil-lesb

Pas encore inscrite ? Inscris-toi vite !
plus de 7 000 utilisatrices !
Profil-lesb

Forum homosexuelle / Lesbienne de rencontre et d'entraide

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Sondage

Pour une sortie forum entre filles, tu préfères:
23% 23% [ 9 ]
23% 23% [ 9 ]
10% 10% [ 4 ]
18% 18% [ 7 ]
8% 8% [ 3 ]
20% 20% [ 8 ]

Total des votes : 40

Derniers sujets

» Célibat : Vos pour et vos contre ?
Hier à 21:43 par Gardelen

» et les lettres alors
Mar 29 Nov - 14:07 par Yohanane

» Besoin d'avoir quelques réponses..
Lun 28 Nov - 21:09 par sansdrap

» Désirez-vous un/des enfants?
Lun 21 Nov - 9:09 par Plumemagique

» Aloha
Dim 20 Nov - 1:26 par Yohanane

» Je suis...
Dim 20 Nov - 1:23 par Yohanane

» Nouvelle un peu perdue
Lun 14 Nov - 17:35 par Metleau

» Ma présentation
Ven 11 Nov - 1:55 par yukirocks

» Ce que vous écoutez en ce moment même
Jeu 10 Nov - 18:10 par dani86

» Qui est sur Limoges?
Mer 9 Nov - 0:22 par AngriePin

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 164621 messages dans 5860 sujets

Nous avons 7612 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est #ide34

Livre d’or du forum

Qui est en ligne ?

Il y a en tout 16 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 16 Invités

Aucun


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 279 le Sam 29 Mar - 0:33


Cet autre que moi : L'altérité.

Partagez

Gardelen
Skuateuse
Skuateuse

Age : 24
Departement : A l'ouest.
Emploi/Etude : Buveuse de café. Guitarophile. Dévoreuse de livres. Vadrouilleuse du monde terrestre. Croyante en l'humanité.

Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Gardelen le Dim 23 Nov - 15:11

Je ne sais pas trop où je vais vous emmener.  bvb546




« La différence des climats, des conditions, d'idées, des langues, des mœurs, des opinions, des sexes, des temps; la/une différence de degré(s), de dimension, de forme, de position, de qualité, de quantité, de race, de rang, de religion, de structure, de tempérament, de valeur; différence absolue, appréciable, capitale, considérable, énorme, essentielle, fondamentale, immense, irréductible, marquée, originelle, profonde, radicale, réelle, remarquable, sensible; différences analogues, apparentes, caractéristiques, importantes, individuelles, morphologiques, notables, partielles, radicales, sensibles, sociales; énorme, extrême, grande, immense, légère, petite, principale, prodigieuse, profonde, seule, simple différence; accentuer, apercevoir, apprécier, établir, expliquer, marquer, offrir, présenter, sentir, souligner, trouver, voir la/les différence(s); il existe une différence, voilà (toute) la différence; la différence consiste dans, en ce que; la différence qui existe entre, qui sépare, qui se trouve. »

Centre National de Ressource Textuelle et Lexicale.



L'altérité, est le fait de considérer qu'une personne est Autre que moi, unique.
 
Je parlerai de différence, en tout cas, la différence que l'on perçoit avec l'autre, dans tout ce qui est cité plus haut du CNRTL, pour ouvrir un débat plus large. Car nous avons bien des manières de faire le tour de la question. Alors, pour ceux que ça intéresse, je donne des questions, pour avoir un fil, mais vous pouvez les transgresser :
 
Qu'est-ce que la différence, pour vous ? Comment la percevez-vous, comment êtes vous amené à dire : il est différent de moi, ou bien: il est comme moi? Que vous inspire-t-elle? Que provoque-t-elle en vous ? Auriez-vous tendance à dire que la différence est un faux concept, ou bien qu'elle est une réalité bien présente ? Et alors, qu'en faites-vous ?

[spitch on]

Qu'est-ce que la différence, pour vous?:
Selon moi, la différence prend un principe, un concept, une notion, une matérialité (etc etc) et crée des déclinaisons ou des nuances. Elle part d'une source et l'étend à l'infini. Elle peut être une source de richesses, ou de heurt. Personne n'est indifférent à la différence. Elle provoque toujours quelque chose de particulier.
Que provoque-t-elle en vous?:
La différence est, pour ma part, une source de stimulation. Elle me plonge dans l'observation la plus complète, la plus vive, par instinct ou raisonnement. Elle me fascine. Lorsque quelque chose m'est étranger, inconnu, cette part de mystère m'est si intrigante que je souhaite la percer à jour. Une succession de : Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Avec qui ? Avec quoi ? Où ? Une curiosité insatiable. Elle peut tout autant provoquer en moi de l'intrigue, de la colère, de la peur, de la fascination, que du ravissement... Je me suis toujours évertuée à me distinguer, à me construire indépendamment des autres, à créer ma propre identité, pourtant, j'en reviens toujours à penser que je suis une pincée des autres (ça, moi, surmoi...). La différence est une source infinie de richesse (culture, religion, idées, mœurs, opinions, identité...), une nécessité. Si nous ne nous séparons pas de cette fermeture, de ce mur que l'on pourrait placer entre les autres et nous, nous risquerions de passer à côté de notre propre vie, de notre construction. Nous ne pouvons exister sans les autres et leurs différences. La différence a pourtant creusé des fossés entre les Hommes. Mais je ne suis pas sûre que ce soit tant la différence que la capacité plus ou moindre des Hommes à l'accepter, à l'intégrer, d'une façon ou d'une autre, dans le respect et la dignité des personnes ou d'un groupe d'individu.



Comment la percevez-vous, comment êtes vous amené à dire :
Je sépare un individu en une multitude de caractéristiques. D'une façon générale, je dirai que tout est différent chez l'Autre et qu'en même temps, tout est similaire. Par exemple, j'ai toujours dit que nous étions tous capable de dépasser les limites (comme les criminels). Ceux qui dépassent les limites sont comme moi car je peux être amené à ressentir la même chose, et en même temps, il est différent, parce que je ne dépasse pas ces limites en lien avec mes valeurs, mon fonctionnement, mon éducation. Mais tout aussi bien, je pourrai les dépasser un jour. Ces similitudes sont malléables. Elles diffèrent d'une personne à l'autre. Tout ce que je sais, c'est que l'on ne peut aller au delà de nos capacités propres (comme je ne pourrai jamais être bonne en mathématiques!) et qu'en ce point, nous sommes tous différents. Donc, je dis de quelqu'un qu'il est différent de moi si je sens que nous sommes en désaccord sur un point, dans notre individualité. Je dis d'une personne qu'elle est "comme moi" si nous fonctionnons plus ou moins de la même façon et que je suis amenée à penser que nous faisons parti d'un ensemble.

 
Que vous inspire-t-elle?:
Elle m'a, en tout cas, inspiré une réflexion : La plupart des gens seront d'accord pour dire que l'on est tous différent, que nous avons tous nos propres ressentis, notre propre façon de voir la vie. Mais à quel degré pouvons nous réellement le percevoir ? Pour illustrer mes propos, je vais utiliser une petite situation imaginaire :

Imaginons que ce que nous ressentons, ce que nous percevons, ce que nous voyons, sont représentés par des couleurs, qui changent selon les lunettes que nous portons. Prenons un individu A, et un individu B.

L'individu A verra le monde avec des lunettes qui lui donnera une image du monde d'une couleur bleue, avec toutes les nuances que la couleur bleue contient, mais qui ne permettra pas de voir une couleur verte, rouge, ou encore jaune, et donc, à ses yeux, ces couleurs n'existeront pas. Puisque la seule couleur qu'il connaît est le bleu, il pensera que tout le monde verra cette couleur bleue, et comme tout le monde doit être capable de voir cette couleur bleue, il compara les autres à lui même, c'est à dire, par rapport à la couleur bleu. L'individu B, lui, voit tout cela avec une couleur verte, et imaginera que tout le monde perçoit cette couleur verte, sans se douter que la couleur bleu existe, et que l'individu se trouvant à côté de lui, l'individu B, verra le monde avec une autre couleur, et donc, selon d'autres paramètres.

Avec cette image, prenons un cas concret, qui pourra peut-être parler à tous (et je vais prendre un extrême): un psychopathe. Le psychopathe a des lunettes différentes. Il me semble qu'ils n'ont pas de réelle empathie, voir, pas du tout. Imaginons que ce psychopathe commet un crime (parce que ce n'est pas obligatoirement le cas). Lorsqu'il le commet, il l'aura commis avec des lunettes différentes, imaginons, les lunettes bleus. Ce qui crée l'incompréhension chez ceux dont la couleur des lunettes est verte. « Pourquoi as-t-il fait ça ? Comment peut-on être aussi cruel ? ». En effet, les personnes aux lunettes vertes vont comparer son acte avec leur propre façon de ressentir les choses. De ce fait, en imaginant que le psychopathe a commis son crime avec des lunettes vertes, on peut penser qu'il est cruel, de même que le psychopathe aux lunettes bleues ne pourra pas concevoir que l'on puisse ressentir autre chose que ce qu'il ressent, et donc, il ne comprendra pas pourquoi on l'attaque. Mais la réalité est que le psychopathe portant des lunettes bleues, ne se sentira pas cruel, n'aura pas forcément agit dans le but d'être cruel puisque la notion de cruauté sonne différemment chez lui. Ce ne sera donc pas forcément une question de « volonté », mais une question de différence de ressenti, de concept, de vision, etc etc.

Je pense que c'est à cause de ces lunettes différentes qu'il y a tant d'incompréhension entre les êtres humains (les différences même). Se mettre dans la peau d'un autre est un exercice difficile, car l'autre perçoit un monde qui nous est inconnu, qui n'existe pas, et que l'on ne peut qu'imaginer, de façon incertaine et imprécise, mais sans réellement envisager ce qu'il ressent, car notre seul point de comparaison est nous-même. Il y a des personnes hyper-empathique, d'une telle sensibilité, qu'elles ressentent les émotions de l'autre sans qu'elles soient directement concernées par cette émotion, au point même qu'elles peuvent les cerner, les prévoir. Mais elles ne pourront pas forcément le comprendre et le saisir.

Auriez vous tendance à dire que la différence est un faux concept, ou bien qu'elle est une réalité bien présente ?:
J'hésite à dire que la différence est un faux concept ou une réalité bien présente. Si je pars du principe que nous faisons parti d'un tout, ce tout est en fait, la même chose (interdépendance). La différence serait alors un faux concept nous faisant croire que tout ce qui se trouve autour de nous a une existence propre et qui, si elle est mal comprise, peut induire en erreur, et nous pousser à craindre l'autre, le rejeter, l'exclure. A l'intérieur se trouverait des petits « mondes » : les différences. En même temps c'est une réalité bien présente car elle nous sert de repère, de tremplin, d'enrichissement, de complémentarité.

[spitch off]

farfadet
Ultime Posteuse
Ultime Posteuse

Age : 41
Departement : Pyrénées 0rientales

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par farfadet le Lun 24 Nov - 1:40

Pour exister,la différence a au moins besoin de deux éléments,deux entités.C'est de la comparaison de ces deux éléments que naîtra ou pas la différence,selon notre propre perception de l'élément qui nous est extérieur.En cela la différence est une notion abstraite.Qui suis-je pour la qualifier de "faux concept",ou de réalité?Là où je ne la percevrai pas,une autre personne la recevra de plein fouet.Je crois que c'est une notion très subjective .Elle est intimement liée à notre propre vécu.Savoir s'ouvrir à la différence,c'est accepter de remettre en cause ce qui fait ce que nous sommes dans le présent,pour s'en nourrir,grandir,et nous transformer.En ce sens elle peut faire peur.La différence est donc,dans ce cas,un moteur à notre propre évolution.
Aussi,selon l'endroit où on se place,elle prendra un tout autre sens.Si l'on considère que nous faisons partie d'un Tout,la différence en fait également partie,et contribue à l'équilibre de cet ensemble...Dans ce cas elle nous appartient à nous aussi...et nous interagissons ensemble,pour former ce Tout.
Voilà,tout de suite,sans trop réfléchir,ce que m'inspirent tes questions,Gardelen.
A suivre,si d'autres y répondent...Le sujet est vaste!

Gardelen
Skuateuse
Skuateuse

Age : 24
Departement : A l'ouest.
Emploi/Etude : Buveuse de café. Guitarophile. Dévoreuse de livres. Vadrouilleuse du monde terrestre. Croyante en l'humanité.

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Gardelen le Lun 24 Nov - 9:48

Farfadet, tes interventions sont toujours très intéressantes !

farfadet a écrit:Pour exister,la différence a au moins besoin de deux éléments,deux entités.C'est de la comparaison de ces deux éléments que naîtra ou pas la différence,selon notre propre perception de l'élément qui nous est extérieur.En cela la différence est une notion abstraite.Qui suis-je pour la qualifier de "faux concept",ou de réalité?Là où je ne la percevrai pas,une autre personne la recevra de plein fouet.Je crois que c'est une notion très subjective .

Je suis d'accord avec toi, la différence est une notion subjective. Et toi, à partir de quand tu te dis: il est "différent" de moi, ou il est "comme" moi?

Je ne sais pas si j'ai bien compris ce que tu appelles « entités » ou « éléments », mais, ne penses-tu pas que la différence peut exister avec une seule entité ? Je m'explique: La différence est perçue, généralement, à travers l'autre. Lorsqu'on parle de différence, on a tendance à penser à une entité distincte, à l'Autre. Mais est-ce qu'on ne peut pas déjà percevoir en nous-même une différence ? Ces jours où on se sent « différent ». Où on se dit : Tiens, aujourd'hui, il est différent ? Ou bien, cela signifie seulement qu'à l'intérieur de nous-même, nous avons déjà au moins deux entités ?  

Quand je parle de « faux concept », je pense notamment à ces deux contradictions : Nous sommes tous égaux (parce qu'être humain), et, nous sommes tous uniques, authentiques (parce que être humain haha). Le sens que peut prendre les mots est capital, car il institue une série de représentation chez un individu qui, comme tu le dis, fait de la différence une notion abstraite. Pour certain, l'égalité est une fausse représentation, pour d'autres, ce sera la différence qui le sera. Du coup, j'aimerai savoir qui se positionne de l'un, ou de l'autre côté. Qui voit d'une façon large, et d'autre plus rapprochée. Je ne sais pas si je m'exprime correctement.


farfadet a écrit:Le sujet est vaste!

Owiiii ! C'est pour ça que je l'aime.

Adji Ladji
Ultime Posteuse
Ultime Posteuse

Age : 48
Departement : VAR
Emploi/Etude : (c) & [c] c

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Adji Ladji le Lun 24 Nov - 11:27

Quand je parle de « faux concept », je pense notamment à ces deux contradictions : Nous sommes tous égaux (parce qu'être humain), et, nous sommes tous uniques, authentiques (parce que être humain haha). Le sens que peut prendre les mots est capital, car il institue une série de représentation chez un individu qui, comme tu le dis, fait de la différence une notion abstraite. Pour certain, l'égalité est une fausse représentation, pour d'autres, ce sera la différence qui le sera. Du coup, j'aimerai savoir qui se positionne de l'un, ou de l'autre côté. Qui voit d'une façon large, et d'autre plus rapprochée. Je ne sais pas si je m'exprime correctement.

La pratique du langage fonde la perception que nous avons de nous-mêmes et de l'autre. Ce qui est important déjà, je crois, c'est de ne pas choisir entre ces deux positions, car c'est par l’alternance de ces deux positionnements en vérité que nous pouvons à la fois être intègre et être capable de changer.
Concernant la perception et l'expression de soi et des autres, on peut étudier la question en se rappelant que chacun d'entre nous est d'abord objet de langage pour les autres, à une personne grammaticale fluctuante (troisième et deuxième). puis lorsque nous devenons pratiquant du langage, la distinction entre les personnes s'affine. Mais la grande révolution, c'est que la pratique du langage introduit un sorte de sens unique et de sens interdit: Je suis la seule personne qui ne doit plus parler de moi en disant mon prénom, mais en disant "JE". Ce faisant, je deviens un être de langage identique à tous les autres. Dans la famille, ce qui est premier est mon unicité, dans la société, ce qui se constitue est une unité. Bien entendu, on peut ensuite devenir unique vis-à-vis du grand public, notamment en exerçant une activité qui fait que notre nom est retenu.
L'interdiction de prononcer le nom divin est un reliquat de cette règle nouvelle quand on devient pratiquant du langage : il faut dire "je", et non notre prénom, quand nous parlons de nous-même. La troisième personne grammaticale prend alors une dimension nouvelle : elle s'éloigne considérablement de ce que je suis en première et deuxième personne dans les échanges directes. C'est un peu la personne de l'absent.

Gardelen
Skuateuse
Skuateuse

Age : 24
Departement : A l'ouest.
Emploi/Etude : Buveuse de café. Guitarophile. Dévoreuse de livres. Vadrouilleuse du monde terrestre. Croyante en l'humanité.

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Gardelen le Lun 24 Nov - 22:58

Je vais tenter de cerner ton langage (haha), qui m'a toujours semblé d'une extrême complexité. Dis moi si je me trompe, je vais essayer de m'adapter.

Adji Ladji a écrit:La pratique du langage fonde la perception que nous avons de nous-mêmes et de l'autre. Ce qui est important déjà, je crois, c'est de ne pas choisir entre ces deux positions, car c'est par l’alternance de ces deux positionnements en vérité que nous pouvons à la fois être intègre et être capable de changer.

Ah! Voilà une façon de voir les choses dont je n'arrivais pas à mettre la main dessus. C'est intéressant, cette alternance que tu proposes entre ces deux positionnements, de ne pas prendre parti pour fluctuer. C'est un peu vrai dans tous les cas: ni de l'un ou de l'autre extrémité. Après, je ne suis pas sûre qu'il faille parler d'alternance. Si on alterne, on se situe de l'un ou de l'autre côté, à un moment, sur une chose précise, ce qui rend les choses contradictoires entre elles alors que les deux pourraient être vraies. On pourrait tout aussi bien se placer d'un point de vue que d'un autre vis à vis d'un sujet, sans que ces deux notions rentrent en conflit. Je le verrai davantage comme l'image du "tout grand" et du "tout petit". On part d'une vision large du sujet (prenons, par exemple, l'univers) que l'on observerait avec un télescope, pour arriver à une plus fine, en prenant un microscope. Les deux "mondes" sont réels, à prendre en compte. Si je dis que de là haut, les hommes sont tout petit, je peux dire de tout en bas, à l'échelle microscopique, qu'ils sont infiniment plus grands. Les deux sont vrais, si je me positionne de l'un ou de l'autre côté, si j'alterne pour faire face à une situation précise, pour m'adapter et appréhender les choses d'une certaine façon, les comprendre, ils rentreront en conflit. Il serait difficile de porter un choix sur ce que l'on décide de voir ou non (ce qui, finalement, règle mon hésitation à me placer de l'un ou de l'autre côté dont je n'arrivais pas à mettre la main dessus).

Adji Ladji a écrit:Concernant la perception et l'expression de soi et des autres, on peut étudier la question en se rappelant que chacun d'entre nous est d'abord objet de langage pour les autres, à une personne grammaticale fluctuante (troisième et deuxième). puis lorsque nous devenons pratiquant du langage, la distinction entre les personnes s'affine. Mais la grande révolution, c'est que la pratique du langage introduit un sorte de sens unique et de sens interdit: Je suis la seule personne qui ne doit plus parler de moi en disant mon prénom, mais en disant "JE". Dans la famille, ce qui est premier est mon unicité, dans la société, ce qui se constitue est une unité. Bien entendu, on peut ensuite devenir unique vis-à-vis du grand public, notamment en exerçant une activité qui fait que notre nom est retenu. L'interdiction de prononcer le nom divin est un reliquat de cette règle nouvelle quand on devient pratiquant du langage : il faut dire "je", et non notre prénom, quand nous parlons de nous-même. La troisième personne grammaticale prend alors une dimension nouvelle : elle s'éloigne considérablement de ce que je suis en première et deuxième personne dans les échanges directes. C'est un peu la personne de l'absent.


Qu'entends tu par "objet de langage"? Est-ce que tu veux dire que nous devenons un sujet à "traiter", qui, selon la position où on se trouve, sera un "tu" ou un "il/elle"? Et alors, qu'apporte cette distinction avec le "je"?

Et je t'avoue que le reste je n'ai pas saisi où tu voulais en venir...

Adji Ladji
Ultime Posteuse
Ultime Posteuse

Age : 48
Departement : VAR
Emploi/Etude : (c) & [c] c

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Adji Ladji le Mar 25 Nov - 12:16

Objet de langage = tu es parlée par les autres : les mots qui redoublent ta personne sont "elle", "Gardelen", "mon coeur", "bébé", "tu", "toi", etc...
Pratiquant le langage : au début, l'enfant parle de lui-même comme il est parlé, à la troisième personne, puis on le corrige. A ce moment seulement, le mot "Je" est accolé à sa personne, et seulement par lui-même. C'est une séparation des plus isolantes, puisqu'elle pose ce "je" face à tous les autres, face à un collectif. Elle est également comme un hameçonnage, au même titre que le prénom que l'on porte, c'est-à-dire que ce n'est pas du tout abstrait, mais très concret : la réalité fait que jamais on ne modifie les personnes grammaticales que l'on utilise pour s'exprimer.
EXCEPTION : lorsque l'on devient pratiquant du langage ECRIT, alors, on emploie son prénom pour se désigner soi-même - c'est la signature, qui a elle-aussi une valeur qui est loin d'être abstraite,surtout sur les chèques et les contrats.
Dans un autre ordre d'idée, lors de la création d'oeuvres littéraires, on emploie les personnes grammaticales de manière artificielle au sein d'un système de référence clos sur lui-même... Pendant que nous lisons ce type d'oeuvre, bien entendu, nous suspendons cette habitude de considérer le "je" comme nous-mêmes. La pratique de la lecture est tellement automatisée pour nous que nous ne nous rendons pas compte de ce fait : notre je, notre vie, notre monde sont suspendus, oubliés, annihilés, enterrés, pendant la lecture, au profit de tout ce que le livre crée. Caïn le producteur (langage écrit) tue/fait disparaitre son frère Abel l'éphémère (langage oral)

Raiponce
Ultime Posteuse
Ultime Posteuse

Age : 34
Departement : Paris

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Raiponce le Mar 25 Nov - 12:38

Adji Ladji a écrit:Objet de langage = tu es parlée par les autres : les mots qui redoublent ta personne sont "elle", "Gardelen", "mon coeur", "bébé", "tu", "toi", etc...
Pratiquant le langage : au début, l'enfant parle de lui-même comme il est parlé, à la troisième personne, puis on le corrige. A ce moment seulement, le mot "Je" est accolé à sa personne, et seulement par lui-même. C'est une séparation des plus isolantes, puisqu'elle pose ce "je" face à tous les autres, face à un collectif.
 Je ne suis pas d'accord, douce Adji! Lorsque l'enfant emploie enfin la premiere personne du sujet, il ne s'agit pas d'un acte isolant. Au contraire. Certes il se détache de cette fusion avec la mère, il y a une scissure entre sa propre identité et celle de cette femme qui l'a porté en ses entrailles, puis l'a bercé contre son corps, lui a donné à se nourrir de son propre sein, toutes ses choses intimes et charnellement significatives qui provoquent une fusion des deux corps et des deux entités. MAIS en s'imposant au monde avec ce JE, lors de cette seconde naissance, l'enfant s'inscrit dans une société, en tout cas dans sa communauté. Il revendique une existence propre, singuliere, autonome. Il se fait l'égal des autres indivualités, et se pose en tant qu'être humain à part entière, mais surtout en tant qu'être humain ENTOURÉ. Il ouvre son regard au monde et aux autres, il prend PLACE et il prend PART. Il se définit identitairement et de façon active, dans une dynamique de reconnaissance et d'action, au sein de ses semblables. Certes, il renonce à cette sécurité, à cette non-existence passive et confortable qu'est  la fusion avec l'entité maternelle, la matrice (comme on le voit chez certaines personnes atteintes de troubles autistiques, empêchant leur relation au monde et à l'autre), il renonce à ce statut sécurisant et douillet de prolongement, de moignon de la figure maternelle, mais il s'engage à faire partie intégrante de l'humanité, de cette Communauté qui le fera grandir, evoluer, se réaliser, de façon autonome et libre. C'est donc clairement un acte de socialisation, d'éveil et d'ouverture aux autres.

Adji Ladji
Ultime Posteuse
Ultime Posteuse

Age : 48
Departement : VAR
Emploi/Etude : (c) & [c] c

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Adji Ladji le Mar 25 Nov - 13:23

Il me semble que nous sommes d'accord cependant, puisque la mère fait partie de ce collectif en face duquel JE se pose. C'est effectivement la communauté des sujets responsables (qui répondent d'eux-mêmes).
Je m'efforce de distinguer la création selon le corps et la création selon le verbe (parce que c'est cette distinction qui m'a permis de connaître les textes des monothéismes).
Il y a toujours séparation et rassemblement conjugués en fait :
la séparation de la mère produit un face à face selon le corps (image) - le référent est la mère quand même, et c'est un référent qui se caractérise par son unicité et qui fonde l'unicité de l'être issu d'elle.
l'isolement en un JE responsable produit un face à face selon le verbe (ressemblance) - les référents sont une multitude de JE, à l'envers de moi, mais des unités comme moi.
Cette distinction entre l'unicité et l'unité permet de comprendre la notion de faveur ou préférence divine, et les raisons de sa présence dans les textes : ainsi, Abel voit son offrande agréée et Caîn voit la sienne refusée. C'est bien là que se trouve la cause de la réaction de Caïn. Dans la famille notre unicité est mise en valeur tandis que dans la société, on s'évertue à considérer les êtres humains comme des égaux.
La formule célèbre de création de l'homme est bien : "Créons l'homme à notre image et à notre ressemblance"
Quand j'emploie le mot isolement, c'est parce que le créateur unique est possible à cause de l'isolement de l'auteur ou du lecteur par rapport au monde livré, ce couple étant une sorte de couple parental bibliomorphique, mais dont les parents s'excluent l'un l'autre.

Contenu sponsorisé

Re: Cet autre que moi : L'altérité.

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 1:17


    La date/heure actuelle est Sam 3 Déc - 1:17